C'est quoi ce bazar ?

22 janvier 2015

Flamboyante "Americanah"

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Il ne faut pas avoir peur de l'épaisseur de l'ouvrage, car une fois que tu auras fait connaissance avec Ifemelu, tu n'auras plus envie de la quitter.

Ifemelu est une jeune fille nigériane au caractère bien trempé qui décide de partir, comme beaucoup d'autres jeunes, poursuivre ses études aux Etats-Unis. C'est son itinéraire que nous suivons au fil des pages, le sien et celui de ses proches, entre quête d'une nouvelle identité (car en Afrique, Ifemelu était une femme, aux Etats-unis elle est "devenue" noire), difficultés d'adaptation, rencontres, conquêtes, premiers logements, premiers jobs... elle finira par devenir une véritable Americanah, sans jamais oublier son pays d'origine, ni surtout Obinze, le garçon qu'elle a laissé là-bas et vers lequel tout la ramène.

Une histoire d'amour donc, mais surtout une vaste et passionnante réflexion sur l'identité, celle qu'on pense avoir et celle que les autres vous donnent : parce que vous êtes femme, parce que vous êtes noire, vous devez vous comporter - ou vous habiller, ou vous coiffer - comme ceci ou comme cela. La coiffure, d'ailleurs, tient une place particulière dans l'histoire, à la symbolique sociale et politique très forte.
Grâce à un style vif, direct, et à un franc-parler rafraichissant, l'auteur bouscule toutes les certitudes sur les races, pratiquant abondamment l'humour pour aborder des thèmes difficiles et inciter ensuite à la réflexion. Comment arriver à s'intégrer tout en restant soi, dans un pays où l'on se défend de toute discrimination, alors que le racisme (et l'injustice collatérale) est latent et les distinctions entre afrocaméricains et africains subtiles mais réelles  (un bravo particulier à la traduction qui permet de transmettre les nuances d'expressions, que ce soit au Nigeria ou aux Etats Unis, sources fréquentes de malentendus). Ifemelu n'est pas forcément aimable, un tantinet arrogante et trop sûre d'elle, ce qui ne la met pas non plus à l'abri des fautes de jugement, mais elle reviendra grandie de son rêve américain - et prête à aimer, enfin. Impressionnant !

{Americanah, Chimamanda Ngozi ADICHIE, Gallimard}

 

Un grand Merci à Babelio qui m'a permis de découvrir (à la fois la lire et l'écouter) cet auteur dont on n'a pas fini d'entendre parler ! 

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19 janvier 2015

Dessine-moi (ce que tu veux)

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Pour ce Lundi, Alice & Zaza nous proposent comme thème le "Dessin", joli choix/hommage aux victimes des récents attentats. Un mode d'expression dont on use et abuse, ici, sous toutes les formes (et que tout le monde devrait pouvoir être libre d'utiliser sans avoir peur pour sa peau, quand tu y penses, c'est tout de même insensé). Bref, plutôt que de te montrer les dessins de mes enfants, ou les miens, je vais te montrer les miens, enfant. Tu me suis ?

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En clair, j'ai ressorti un rouleau de croquis que j'ai gardé des Beaux-Arts (sauvé in extremis de la maison familiale), attention la haute indulgence est requise, j'avais 14 ou 15 ans à l'époque...

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Les silhouettes sont grossières mais j'aimais bien le fluide de l'encre de chine, j'aurais bien aimé persévérer... et puis c'étaient mes camarades de l'époque qui posaient, grâce à ces esquisses je me souviens d'eux... mais pas d'avoir pris la pose à mon tour pour eux !

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Allez, j'ose te montrer... autoportrait de l'époque !!! Pffffiou on dirait que j'ai déjà 40 balais là-dessus !

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A cet âge-là, je voulais être dessinatrice de bande dessinée - ce qui m'avait valu la petite moue méprisante du Jury de l'Ecole, je m'y revois comme si c'était hier : "Voilà en effet un métier où il n'y a pas beaucoup de femmes"... à quoi ça tient le découragement ??

 

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18 janvier 2015

Retour progressif à la normale

On n'oublie rien mais on continue. Semaine pleine et fatigante, un gros contre-coup à l'émotion peut-être aussi chez vous ? Bref, reprenons les jolies habitudes pour le défi photos de Virginie :

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# Love is in the Street
# Un café (ou 2, ou 3) et ça repart
# Déçue, déçue
# Est-ce que les jours rallongent vraiment ?
# Premières fleurs au parc me mettent en joie
# Merci Soledad pour cette apaisante couverture
#Happy Birthday à Chéri (avec une semaine de retard, le jour même nous marchions à Paris)

 

Un beau Dimanche à tous  

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16 janvier 2015

"La Gaieté" de Justine Lévy, si fragile

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Faut-il se fier au titre ? Justine Lévy, dont c'est le quatrième "roman", poursuit son instrospection intime avec ce récit encore une fois très personnel où l'on retrouve son double littéraire - Louise, que l'on a vue devenir adulte, puis femme, puis mère. Le précédent, "Mauvaise Fille", où elle racontait la maladie de sa mère survenue en même temps que sa première grossesse, m'avait paru aussi impudique qu'il m'avait fouillé les tripes. Entre mauvaises filles on se reconnaît.

A présent, Louise/Justine est donc une jeune maman qui s'est résolue à afficher une façade, sinon de bonheur (existe-t-il seulement ?), au moins de non-tristesse, s'efforçant de dominer la mélancolie qu'elle a chevillée au corps depuis l'enfance et de cultiver la joie de vivre, d'avoir des enfants "contents contents contents" et d'être souriante souriante souriante. Elle refuse de leur infliger ses angoisses comme elle a dû subir celles de sa mère ou la cruauté des belle-mères de passage - bref elle veut absolument être la mère qu'elle aurait voulu avoir. Pour ses enfants elle surmontera les vieilles douleurs, les vieilles rancoeurs et se fera guerrière, elle apprendra donc à être gaie, résolument.

Mais personne ne l'avait prévenue que lorsqu'on devient père ou mère, on a beau essayé de faire tout le contraire de ce qu'on a vécu, de ne pas répéter les mêmes erreurs que ses parents on se prend notre propre enfance dans la gueule.  Sans parler de cette peur, nouvelle, qui s'installe, engluant les parents tout neufs, et qu'elle décrit avec des mots très justes.

Si vous aussi vous voulez avoir peur, peur tout le temps, peur à vomir, une peur bien épaisse, bien collante, eh bien faites des enfants.

Bien sûr, "La Gaieté" appartient à ce ce genre de littérature qui crie "Nombril ! Nombril !", mais son écriture est d'une sincérité absolument désarmante (et le style a mûri), comme si Louise/Justine nous prenait, nous lecteurs, comme confidents de ses chagrins de petite fille blessée (impression renforcée par le rythme du texte), à l'enfance dorée mais ballottée, une jeune femme encore fragile mais sur la voie de la guérison.

(...) c'est si bizarre un vide qui pèse si lourd.

 

{La Gaieté, Justine LEVY, Stock}

 

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13 janvier 2015

"Les Souvenirs", la tendresse sur grand écran

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Romain a 23 ans, aimerait être écrivain mais, pour l'instant, il est veilleur de nuit dans un hôtel.
Son père a 62 ans, part à la retraite et fait semblant de s'en foutre.
Sa grand-mère a 85 ans, se retrouve en maison de retraite et se demande ce qu'elle fait avec tous ces vieux. Lorsqu'elle fugue, chacun va voir sa vie bouleversée...

Je crois que le nouveau film de Jean-Pierre Rouve (après "Sans arme, ni haine, ni violence" (...) et le très, très joli "Quand je serai petit") sort à point nommé, car ces jours-ci nous avons tous besoin de douceur. Et s'il y a bien quelque chose dont "Les Souvenirs" ne manque pas, c'est de jolis sentiments : tendresse, nostalgie, mélancolie... Quoi d'étonnant quand tu sais qu'il s'agit d'une libre adaptation du livre du même titre de David Foenkinos ? Des scènes ont été réécrites, des personnages rajoutés ou modifiés, mais l'on ressent une véritable communauté d'univers entre l'acteur-réalisateur et l'écrivain.

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"Les Souvenirs" parle avec sensibilité du rapport au temps qui passe, des relations intergénérationnelles : celle qui unit Romain (lumineux Mathieu Spinosi) à sa grand-mère (étonnante, touchante Annie Cordy !), et celle entre le père déprimé et son fils. Le jeune homme se retrouve à devoir épauler tout ce monde un peu triste, mais ce faisant va faire lui aussi une lumineuse rencontre.
Jean-Paul Rouve a de toute évidence voulu faire un film réaliste, hésitant constamment entre le rire et les larmes, entre scènes d'enterrements, de maison de retraite, d'hôpital ou d'école maternelle... le cycle de la vie, quoi ! Ses acteurs, provenant presque tous de la comédie, sont d'une grande justesse.
Les regrets : une très grande lenteur dans le rythme. Des personnages (comme celui de Chantal Lauby) délaissés.
A noter : la très réussie reprise de "Que reste-il de nos amours ?" par Julien Doré, la douce chanson de Berry qui clôt le film ("N'ayez pas peur du Bonheur"), et une subite envie d'aller à Etretat.
Et la question subsidiaire (que tu ne comprendras qu'après avoir vu le film) : où se trouve cette station-service ?? j'ai plein de questions pour le pompiste philosophe !!

 

{Les Souvenirs, un film de Jean-Paul Rouve, avec Mathieu Spinosi, Annie Cordy, Michel Blanc, chantal Lauby... sortie mercredi 14 janvier}

 

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12 janvier 2015

Ensemble, c'est tout

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11 janvier 2015

Que Dire ?

Les mots cognent dans ma tête depuis mercredi en une bouillie incohérente faite de dégoût, de révolte, de colère, de tristesse, de désespoir... J'ai tenté plusieurs fois de les coucher sur papier pour dire ce que Charlie représentait pour moi, mais tout a été tellement dit, et si bien dit, peu importe ce que je rajouterai. Je veux juste dire : Ne baissons pas les bras, il faut tenir bon, continuer à rire (même si pour le moment ça reste difficile), à aimer, à écrire, à goûter aux petits bonheurs peut-être encore plus qu'avant, danser, chanter, VIVRE !

La semaine prochaine le blog reprendra donc son cours un peu léger, un peu futile... la vie continue, elle doit continuer ! Bien que ma participation au défi de Virginie soit forcément orientée :

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Bonne fin de week-end à tous, prenez soin de vous ! ✩

 

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08 janvier 2015

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06 janvier 2015

Tics de Lectrice

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Je déteste commencer un livre. Parce que d'une fois à l'autre j'aurais déjà oublié le début et il faudra que je recommence. J'ai envie d'être immergée vite, très vite. ("Allo, docteur ?"...)

Je ne supporte pas qu'on abîme un bouquin. Pourtant j'aime les livres usés, ça prouve qu'ils ont été beaucoup lus/relus/prêtés. Je me souviens de ma grand-mère qui aplatissait son livre en cours à l'envers pour garder la page, rien que d'y penser j'ai les poils qui se hérissent.

Je crispe quand on ne me rend pas les bouquins que je prête. Pourtant j'aime bien savoir qu'ils ont trouvé une bonne maison. Et j'en ai chez moi que je n'ai jamais rendus - oui mais je vais le faire, hein ! ("Ne quittez pas, je vous le passe...")

Il me faut un marque-page. Pas le même à chaque fois. J'en ai dans mon sac, dans mes tiroirs, sur mon bureau, dans ma bibliothèque...

Et quand je lis, il faut que je sache où il est, à portée de main. Je déteste par-dessus tout chercher mon marque-page. ("Oui Docteur, c'est encore la Noiraude"...)

Je déteste qu'on corne les livres. Mais je le fais, pour repérer les passages que j'ai envie de recopier. Et ensuite j'aplatis bien pour que la marque ne se voit plus - oui mais elle se voit quand même.

Je renifle les bouquins. Ce qui est plutôt contre-indiqué quand je viens de l'emprunter à la bibliothèque, qu'il a 10 ans d'âge et qu'il a été lu 25 fois par des gens qui ont mangé ou se sont endormi dessus. Ou pire. ("Qu'est-ce qui ne va pas, encore, la Noiraude ?")

Quand j'entre dans une librairie, je touche, je caresse les bouquins. N'aies pas peur, mon ami libraire, ce n'est pas toi qui m'inspire ce frisson, ce n'est donc pas sur toi que je vais me jeter - du moins pas tout de suite - encore qu'il faut bien que je te l'avoue : je t'aime.

Quand j'apprends qu'un de mes auteurs favoris va sortir un nouveau titre, je réagis à peu près aussi posément que lorsque je vois tomber un flocon de neige (HiiiiiiiiiiiiiiiiiiiIIIIIII). 

Je finis toujours les livres, quel que soit le calvaire éprouvé. J'ai même été au bout du Trierweiler, c'est dire (oups, grillée ! oui, bon, je l'ai lu aussi celui-là. Nan mais c'est parce qu'on me l'a prêté, hein.)

 

❇ Et toi, d'autres manies à me signaler ou suis-je la seule lectrice toquée à tics ? ❇

 

Illustration : une artiste que j'aime depuis l'adolescence, Francine Van Hove, qui met en scène avec un délicat réalisme de jeunes femmes alanguies, souvent en train de lire, ou de dormir, ou de rêvasser, ou de petit-déjeuner, ou encore de lire en rêvassant tout en petit-déjeunant (souvent avec un chat dans les parages, c'est dire si elle est recommandable).

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05 janvier 2015

En 2015

 

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Moi, Anyuka, je reprendrai la piscine
Moi, Anyuka, j'écrirai un bouquin
Moi, Anyuka, j'irai visiter New York
Moi, Anyuka, je dormirai plus
Moi, Anyuka, je perdrai 20 kilos (at least)
Moi, Anyuka, j'arrêterai Farm Heroes Saga
Moi, Anyuka, j'arrêterai de publier des Instagram/articles sans intérêt
Moi, Anyuka, je me marierai
Moi, Anyuka, je me réconcilierai avec les membres perdus de ma famille
Moi, Anyuka, j'arrêterai d'essayer de faire plaisir à tout le monde
Moi, Anyuka, je prendrai enfin des cours de photographie
Moi, Anyuka, j'arrêterai de pratiquer l'autodérision (d'ailleurs ça commence maintenant)

 

Une seule de ces résolutions sera certainement tenue cette année, saurez-vous deviner laquelle, Alice & Zaza ?

 

 

Photo Pinterest

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