Comment louper un Lundi parmi tant d'autres consacré au livre, ma ZaZa ? d'autant que je lis plus vite que je ne blogue, le temps de me dire que tel titre mérite bien un billet, il est déjà loin derrière moi et je ne prends plus le temps d'écrire à son sujet... une page chasse l'autre ! Celui-là en revanche, je peux t'en parler puisque je l'ai terminé ce week-end :

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Un barbecue dans une banlieue résidentielle de Melbourne, scène ordinaire réunissant famille, amis, collègues ; un enfant turbulent, une gifle part... et c'est comme une déflagration dans la vie des personnes présentes, un véritable révélateur des tensions qui couvaient. Entre ceux qui sont révoltés par le geste, ceux qui pensent que l'esclandre consécutif est complétement disproportionné, chacun va choisir son camp.

J'hésitais à lire le livre depuis longtemps, malgré son grand succès en librairie, je ne saurais expliquer pourquoi (quoique le terme de "best seller" me rend systématiquement méfiante, toujours cette peur d'être déçue), et puis j'ai suivi il y a quelques mois sur arte la série tirée de ce roman australien - je sais à présent à quel point l'adaptation était réussie - et j'avais beaucoup aimé sa construction originale et ses personnages forts. Originale car l'histoire avance en prenant pour chaque chapitre/épisode le point de vue de l'un des convives du barbecue - témoin de l'accident : Hector et Aisha, les hôtes, Harry, le "coupable", Rosie, la maman... L'occasion, d'abord, de dresser pour chacun un portrait très vif et sans la moindre concession, d'entrer dans leur intimité (et quand je dis "intimité"...), ensuite de comprendre un peu mieux leurs motivations.
L'écriture est vraiment brute, parfois aussi peu avenante que les héros du bouquin : grossiers, racistes, menteurs, faux-culs, adultères, violents... ça peut effrayer au démarrage, mais au fil des pages on finit par suivre ces histoires humaines un peu à la manière d'une intrigue sociétale. Le tout forme un ouvrage très dérangeant, que l'on va soit beaucoup aimer, soit franchement détester, en tout cas ne laissera pas indifférent.

Elle ne réussit à se sentir normale qu'en retrouvant ses enfants à l'aéroport de Melbourne. Aisha savoura leur odeur en les soulevant tous les deux (...). Elle voulut tout de suite les emmener, reconstituer sa famille. La vie était cela, c'était cela qui comptait, qui donnait un sens aux défaites, aux compromis, aux concessions.

{La Gifle, Christos TSIOLKAS, 10/18}