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Je l'admets, c'est d'abord sa magnifique couverture (pour qui, comme moi, adore les petites fleurs) qui m'a attirée vers ce livre, puis l'auteur (dont j'ai trouvé le "Mange, Prie, Aime" réellement surprenant et intéressant, contre toute attente - je ne parle pas du film avec Julia Roberts, hein, le livre était bien plus profond), enfin l'histoire :

Nous sommes au XIXe siècle à Philadelphie, Alma Whittaker est la fille d'un botaniste anglais qui a fait fortune dans le commerce du quinquina, et d'une mère qui tient de sa famille érudition et rigueur. D'une intelligence profonde, précoce et aigue qui va l'isoler plus que la servir, Alma ne trouvera de chance d'épanouissement - à défaut de pouvoir s'évader du domicile familial grâce au mariage comme toute jeune fille de son époque - que par la rencontre d'esprits tout aussi passionnés et éclairés qu'elle.
Persuadée d'avoir été moins aimée que les autres en raison de son physique, elle va consacrer son existence à l'étude des mousses, et c'est une véritable conquête qui semble perdue d'avance que nous propose de suivre Elizabeth Gilbert, conquête d'individualité, de féminité, de sensualité, une histoire d'émancipation et d'évasion. Alma, à l'abri de son laboratoire, explore son monde de façon scientifique et microscopique, sa famille, son corps et ses sentiments, jusqu'au jour où elle se sentira prête à larguer les amarres et aller plus loin que les limites imposées par son éducation et la bonne société. 
Il y a énormément de choses dans cet épais ouvrage qui retrace avec passion des décennies de progrès et d'évolution. Il y est aussi question d'amour, avec un brin de romanesque mais jamais "fleur bleue". Il fait beaucoup songer au thème de "Prodigieuses Créatures" de Tracy Chevalier (que je te recommande chaudement), même s'il y est question de paléontologie et non pas de botanique mais bien aussi de femmes en quête de reconnaissance par la science.
En somme, il ne faut pas avoir peur de ce beau pavé fleuri pavé, c'est un excellent roman à emporter en vacances.

Il y a un chagrin, sous le chagrin, apprit-elle bientôt, tout comme il y a des strates sous les strates du plancher océanique, et d'autres encore dessous, si l'on continue de creuser.

 

{L'Empreinte de toute Chose, Elizabeth GILBERT, Calmann-Lévy}