large_694259

Donna, la trentaine, se produit chaque soir en stand-up sur une scène de Brooklyn où elle raconte son quotidien, et en particulier sa vie amoureuse, de la façon la plus crue. Coup sur coup, elle perd son travail, se fait larguer, tombe enceinte d'une relation d'un soir... il va être temps de grandir un peu.

Attention, ça commence fort avec des histoires de fond de culottes en fin de journée, une fixette évidente sur les gaz et des surnoms de boyfriends en dessous de la ceinture. Mais lorsque Donna doit prendre la première décision d'adulte de sa vie, elle découvre qu'on ne peut pas toujours se cacher derrière des blagues scato.

obvious-child-cartons

Obvious Child (du titre d'une très chouette chanson de Paul Simon) est une comédie sentimentale à la mode des jeunes femmes d'aujourd'hui, avec ce côté décomplexé assumé qui permet d'appeler un cul un cul et un avortement un avortement. On n'est plus dans les rêves sucrés d'une Ally McBeal ou les fantasmes dorés d'une Carrie Bradshaw, même si celles-ci ont probablement ouvert la voie en permettant le début d'une identification à des héroïnes. Ici on est clairement du côté de la série "Girls", dans une sorte de mix entre la douce folie d'une Frances Ha et la vulgarité assumée de la Hannah de Girls. Ca parle sexe et règles comme du temps qu'il fait, ça cache sa fragilité et sa vulnérabilité sous une assurance bravache et un humour parfois vulgaire - ce qui n'empêche pas de continuer à se réfugier auprès de papa et maman en cas de pépin.
Le meilleur ami homo, la colocataire compréhensive et plus mûre, New York... d'accord, tout sent un peu le déjà vu dans cette comédie presque romantique, qui n'en reste pas moins pleine de tendresse et d'optimisme. Une jolie surprise.

{Obvious Girl, un film de Gillian Robespierre avec Jenny Slate, sortie aujourd'hui en salles}