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J'ai beaucoup de chance en cette rentrée littéraire, Alice & Zaza, d'abord de faire partie du Grand Jury des Lectrices de Elle, ensuite qu'une très belle maison d'édition comme Stock m'ait fait confiance pour faire découvrir sa rentrée (j'ai encore quelques jolies pépites dont il faut que je te parle, d'ailleurs). Cela ne m'empêche pas d'avoir une très longue liste d'envies, comme de me lancer enfin "Le Royaume" d'Emmanuel Carrère - en croisant les doigts pour qu'il me marque autant que son précédent titre -, de lire le Foenkinos ("Charlotte") parce que j'ai une tendresse dingue pour cet auteur et qu'en plus il s'agit de la biographie d'une femme peintre, ça ne peut donc QUE me plaire. J'aimerai découvrir le nouvel Olivier Adam, mais j'ai peur d'être déçue et de trouver qu'il se répète. J'aimerai pouvoir me plonger dans Murakami, j'aimerai apprendre des choses grâce à la "Oona" de Beigbdeder. Mais ce que j'aimerai surtout, c'est ne pas passer à côté de titres-pépites dont on parle beaucoup moins, dont  je sais qu'un jour ils atterriront entre mes mains fébriles d'avant la découverte, d'avant la déception ou le coup de coeur.

* J'aime beaucoup cette affichette (ci-dessus) qui circule sur Twitwit - je n'ai pas trouvé quel était le malicieux libraire qui en est à l'origine, hélas. Je trouve ça fou la vitesse à laquelle ce bouquin a explosé les ventes (j'ai déjà deux copines proches qui l'ont acheté - et qui me laissent les charrier gentiment -, alors je ne vais surtout pas juger - mais je continuerai quand même à les chambrer :-p ), et après tout, si ça fait entrer les gens dans les librairies... du moment que ça ne fait pas oublier les autres livres ! Bref, à propos d'auteur (un vrai), voici un coup de coeur tout neuf :

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Un jeune homme se voit contraint d'accepter un emploi, parce que vraisemblablement il n'a pas le choix, parce que c'est la meilleure chose qui puisse lui ariver, presqu'un miracle. Au moins il y a du travail, il est payé, nourri, blanchi, alors de quoi devrait-il se plaindre, il devrait même être reconnaissant, ils sont nombreux ceux qui rêveraient d'être à sa place.
Sauf que, arrivé au "Domaine" où il est sensé être serveur, il est accueilli dans un climat pour le moins méfiant, voire menaçant, où il est d'évidence impossible de faire confiance à qui que ce soit. Pour qui se prend-il celui-là, à exiger un contrat signé ? c'est quoi son problème, à se plaindre lorsqu'on lui vole ses affaires personnelles ? de l'intimité ? et puis quoi encore ? L'hostilité enfle, le bizutage devient collégial, jusqu'à basculer irrémédiablement dans la seconde partie de l'ouvrage.

Quel drôle de livre qui se lit d'une traite et détonne dans ce qui nous est proposé à lire actuellement ! Dès les premières lignes, dès les premières pages, l'ambiance est étrange, lourde sans forcément qu'on comprenne pourquoi. Où sommes-nous, à quelle époque ? C'est du Kafka tout du long.
Et notre personnage principal, pourquoi ne fuit-il pas, pourquoi ne se révolte-il pas ? Bien sûr l'on songe à la déshumanisation croissante (ou déjà existante dans nombre de secteurs) qui sévit dans le monde du travail, l'auteur parle-t-il d'expérience ? En tout cas il fait passer celle-ci avec un grand talent.

{La Chance que tu as, Denis Michelis, Stock}

 

 

Ah au fait, la gagnante du Pack Rio2 est "Maman est occupée", j'attends ton adresse perso steuplait !