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L'ouvrage m'attendait depuis un moment, mais étonnamment sa couverture m'impressionnait, peut-être avais-je peur d'une histoire aussi désincarnée que les vertigineuses tours de la Défense qui fournissent son décor à cette histoire d'ambition et de pouvoir.
Mais c'est tout le contraire en réalité : les personnages, dont Clément, le jeune loup aux dents longues, sont justement humains, trop humains : les uns guidés par l'ambition, l'orgueil, la jalousie, les autres pétrifiés par leur angoisse et leur sensiblité. Sauf que dans le monde de l'entreprise, il n'y a que les apparences qui comptent, et les valeurs telles que l'amitié ou le sens de l'équipe ne sont rien moins que fragiles.

Clément est très occupé à gravir les échelons de sa société et à planquer toute faiblesse, qu'elle soit d'ordre physique ou compassionnelle envers une femme de ménage qui n'en demande pas tant. Ses collègues sont aux aguets, attendent la faute. Trahison, coups bas : le quotidien. Sa rencontre avec la fille du grand patron, Meryl, sorte de petit oiseau blessé, fragile et original, va peut-être lui réinsuffler un petit peu de compassion... ou lui offrir l'occasion en or d'accélérer sa carrière.  A ce petit jeu, on finit par ne plus savoir qui utilise qui, et c'est là une jolie prouesse de l'auteur.

Ce n'est pas d'être inférieure aux autres qui est humiliant, c'est d'être inaccessible à soi-même. D'être trop bien pour soi. Les autres habitent leur corps avec naturel. Arpentent leurs pensées en propriétaires. Elle reste à la porte de son être, comme une mendiante. La peur l'a délogée.

 

{Nos Ames Seules, Luc BLANVILLAIN, Plon}

 

 

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