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New York, années 1950. Therese, jeune employée d’un grand magasin de Manhattan, fait la connaissance d’une cliente distinguée, Carol... Les deux femmes se retrouvent bientôt prises au piège entre les conventions et leur attirance mutuelle.

On le sait depuis Loin du Paradis, où déjà une femme prisonnière des faux-semblants d'un mariage se hasardait à défier la morale, Todd Haynes est le nouveau Douglas Sirk, reprenant les rênes d'un cinéma hollywoodien glamour et vaporeux, du temps des Lana Turner, des Gloria Swanson ou des Greta Garbo.

Apès Julianne Moore, il magnifie Cate Blanchett, toute en velours dans les yeux, l'allure, la voix, d'une sensualité renversante. C'est peu dire que le courant passe avec Rooney Mara, que l'on voit progressivement muer en Audrey Hepburn. On peut reprocher au film son grand classicisme - personnellement je trouve que faire du beau et du bon classique, c'est déjà passer un moment réussi devant le grand écran, ce qui ne nous est pas offert avec tant de films -, et une élégance froide. Mais il me semble justement que cette froideur correspond à l'époque et au milieu que le réalisateur évoque, à l'image du mur de convenances et d'interdits que les personnages doivent franchir pour s'autoriser à vivre leur amour. Ici la sensualité passe plutôt par un gant oublié, le pli d'une robe ou un peignoir à peine entrouvert. Le duo d'actrices fonctionne à merveille et si l'émotion parait contenue, elle passe à merveille dans leurs regards à toutes les deux.

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{Carol, un film de Todd Haynes avec Cate Blanchett et Roney Mara, actuellement en salles}

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