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Nous voici en immersion totale dans les étendues sauvages du Kamtchatka (région de l'extrême-Orient russe), le royaume des ours bruns. Ce très beau documentaire raconte une année dans la vie d'un ours, qui correspond grosso modo au cycle : survivre à l'hiver, se remettre de l'hiver, se préparer au suivant.
L'ours est donc un gros feignant qui roupille une partie de l'année et ne pense qu'à boulotter le reste du temps. Pataud, grognon, à la fois violent et doux, absolument pas fait pour vivre en société, aucune solidarité ne prévaut hormis celle entre une maman ourse et ses petits - voilà l'occasion de vérifier quelques expressions imagées comme être un ours mal léché, se conduire comme une maman ourse. 

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Avouons-le, ce pourrait être très vite soporifique, malgré tout l'attachement ou la curiosité qu'on peut avoir pour ces maousses plantigrades, s'il n'y avait des vues à la beauté spectaculaire mise en valeur par la 3D - c'est le 1er film français à bénéficier du savoir-faire de la société de James Cameron. Car l'autre héros du documentaire, ce sont ces paysages d'une beauté et d'une sauvagerie qui prennent quasiment à la gorge, impression accentuée par l'illusion que tu peux toucher les fumerolles des volcans du bout des doigts, ou que tu es cerné par le bruit du clapotis d'une rivière.

Cette immense et magnifique scène de pêche d'1h30 tout public - la seule scène gore est celle du dépiautage d'un poisson qui fait songer à Hannibal Lecter dépecant sa proie - est bercée par la voix joliment posée de Marion Cotillard, qui distille les informations (mais sans excès) et surtout sa sensuelle facon de prononcer "Kamtchatka". Une invitation au voyage salutaire, fascinante et reposante.

{Terre des Ours, un film de Guillaume Vincent raconté par Marion Cotillard, en salles le 26 Février}

 

 

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Vu également Gloria, un film chilien de Sebastian Lelio sorti en salles la semaine passée. Sans avoir complètement adhéré à l'histoire, celle d'une femme de 58 ans, qui vit seule mais n'a perdu ni son appétit de vivre, ni de s'amuser ni d'aimer, le film vaut énormément par son étonnante actrice (Pauline Garcia, star au Chili) qui garde le sourire envers et contre tout, même les pires désillusions. La dernière scène emporte tout sur son passage, et quand tu sors de la salle sourire aux lèvres et en fredonnant, ça mérite d'être signalé, non ?

 

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Si Matthew McConaughey et Jared Leto n'ont pas l'oscar pour leur interprétation dans Dallas Buyers Club je n'y comprends plus rien ! Il ne faut pas craindre le sujet : 1986, le SIDA est encore méconnu et considéré comme une maladie honteuse, et les traitements ne sont encore qu'au stade de l'expérimentation. Le film raconte l'histoire vraie de Ron Woodroof : par son action, bien qu'illégale, le texan a contribué à faire avancer la cause des malades, en prouvant l'inefficacité du système d'aide proposé à l'époque par les pouvoirs publics. Quoique trop long, le film est édifiant et absolument passionnant.