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Novembre 1958, Billie Holiday, la Lady Blues du Jazz, vient se produire en Italie et à Paris. A 43 ans, ravagée par les abus de toutes sortes, la diva n'est plus que l'ombre d'elle-même. Philippe Broussard a cherché à reconstituer cette époque et cette période de sa vie.

Voici un livre qui doit se lire en écoutant la voix rauque de Lady Day ! Ce n'est pas une biographie (qui prêterait à tant d'histoires : maison de correction, viol, prostitution, violence...), mais le récit de l'ultime tournée européenne de la grande dame du jazz, sous le signe de la déchéance et du chant du cygne. Philippe Broussard mène l'enquête sur les lieux où elle a séjourné, mais entre disparition des archives et difficulté à démèler le vrai du faux (oui, Billie Holiday était une pipoteuse), il en est souvent réduit à des supputations.
Ceux qui ne s'y connaissent pas en jazz (comme moi - je ne connaissais même pas sa chanson "Strange Fruit", devenue une protest song - les fruits étranges en question étant les corps des noirs lynchés pendus aux arbres...) risquent de se sentir perdus.

L'auteur dresse le portrait d'une femme blessée, qui en dépit de ses heures de gloire n'aura été toute sa vie qu'une victime, victime du racisme, victime de la drogue, victime des hommes, victime de son entourage - oiseau de nuit qui n'a jamais fréquenté que des fripouilles et des profiteurs. Tout au long de l'ouvrage elle n'en finit plus de tituber, chaque page raconte une addiction notoire, une artiste incapable d'assurer ses tours de chant - sauf par quelques rares miracles. Pour son 100ème anniversaire le portrait n'est guère flatteur, qui plus est il inspire de la pitié, de la compassion et un malaise certain.


{Vivre Cent Jours en Un, Philippe Broussard, Stock}

 

Très jolie soirée "Livre Unplugged" pour fêter le centenaire de sa naissance à la Bellevilloise à Paris, avec Sylvia Howard au chant et Thierry Tocane au piano : 

 

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