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Donc, Minimoy est parti deux semaines en classe de mer en ce mois de décembre. Pas glop la période, même si je sais à quel point ce type de séjour est profitable, mais enfin faire le sapin et admirer les illuminations de fin d'année sans mon gamin aux yeux pétillants ça n'a pas même la même saveur. Mais passons.

Sans famille pour les garder et leur offrir la saine occasion de passer des vacances sans parents sur le dos, le nombre de nuits que nous avons passé séparés les uns des autres se compte sur les doigts d'une main. Alors voilà, mon fils a déjà 6 ans et oui, c'est la première séparation. Oui, j'ai pleuré comme une madeleine quand il est parti. Et je voudrais être une petite souris planquée au fond de son (énorme) valise. Et je me demande tous les jours s'il est possible pour un enfant de passer 15 jours sans pleurer. Et je me demande qui l'aide à passer ces éventuels moments de chagrin. Et si, et pourquoi, et comment... Je sais c'est bête. Il doit s'éclater en bord de mer avec le bonnet enfoncé jusque sur les oreilles, prendre le grand air, apprendre la vie en collectivité, oublier de se laver les dents, profiter.

Quant à la vie ici avec un seul enfant, je dois le reconnaître, elle est bien plus cool Raoul : on dort plus longtemps le matin puisque les frangins ne se réveillent plus l'un l'autre. On ne s'énerve plus juste avant de partir à l'école. Je perds moins de temps pliée en deux à ramasser derrière ma troupe (il faut le dire, Minimoy est un sacré bordélique en plus d'être un brise-fer). Moins de ménage, moins de boulot, moins de stress. Le grand qui s'ennuye copieusement sans quelqu'un à martyriser à qui raconter ses bêtises avec qui faire l'andouille (mais qui s'arracherait un ongle plutôt que de l'avouer) a retrouvé l'usage d'une parole sereine et me raconte posément ses journées et ses soucis, trop heureux d'avoir notre attention pour lui tout seul. On peut organiser plus de choses sympa à faire, parce que la logistique, ne serait-ce que pour organiser une petite virée en famille à Paris avec deux enfants plein de mauvaise volonté qui préféreraient 100 fois rester à la maison à jouer avec la tablette, a de quoi décourager un régiment. Là on a un seul râleur plutôt que deux qui se serrent les coudes en protestant devant les velléités touristiques de leur parents.

Mais il me manque mon râleur, mon petit qui me colle la honte en sortant de l'école en hurlant des "MAMAAAAAAAAAAAN T'ES LA PLUS BELLEEEE !" et qui se jette dans mes bras en bousculant les autres parents, mon petit clown qui me fait des câlins à me pêter les vertèbres avant de s'endormir le soir, que je viens regarder dormir pour retrouver sa moue de bébé serein. Mon petit pot de glu qui me fait râler, tempêter, rigoler. Quand tu rentreras la semaine prochaine, et que tu nous snoberas parce que tu auras pris des habitudes de grand, que tu auras monté en graine, en assurance et en désinvolture, qu'il faudra t'arracher les mots pour que tu nous racontes ton aventure, qu'on ne te connaîtra plus que surexcité tant que les Fêtes ne seront pas passées, que tu recommenceras de plus belle les bagarres pour de faux avec ton frangin et qu'on devra reprendre la litanie des avertissements et des punitions, alors il faudra que je me souvienne à quel point tu m'as manqué et que sans toi je ne suis pas complète.