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Angleterre, Juillet 1940. Lydia, 11 ans, arrive dans la maison familiale du Suffolk désormais vide. Vide, pas tout à fait : un soldat allemand a investi les lieux. D'abord menaçant avec la fillette, il dit attendre l'arrivée de ses compatriotes. Les voilà contraints de cohabiter.

J'ai mis un certain temps à entrer dans l'ouvrage, peut-être parce que l'atmosphère dans la maison est écrasée par la chaleur et que le temps s'y égoutte lentement, tandis que chacun de ses deux occupants est plongé dans ses souvenirs, l'une de son frère disparu, l'autre de son régiment, chacun occupé à ses questionnements et à ses doutes. Comme on n'est pas dans un film hollywoodien, ils ne vont pas immédiatement fraterniser, lui en particulier n'est guère attendri par la petite fille, et menace même régulièrement de lui « coller une balle dans la tête ». Bien sûr il y aura quelques moments d'insouciance, comme des respirations dans le "silence des bombes", mais ils seront rares pendant ces quelques jours.

Lui a l'attitude de celui qui n'a plus rien à perdre (ce qui semble justifier bien des horreurs...), et pourtant il semble décidé à repartir de zéro, en commençant par s'inventer une nouvelle identité. De la famille de Lydia on ne saura pas pourquoi ils ont quitté précipitamment la maison, ni d'ailleurs ce que sont devenus les habitants du village. Elle s'interroge sur les vraies raisons de la présence du soldat (comment connait-il son prénom ?) et au terme du huis clos on devine qu'une autre vérité va éclater. C'est lorsque les morceaux se recollent progressivement, comme les pièces d'un puzzle, que j'ai fini par m'intéresser au sort des personnages, peut-être un peu trop tard.

Que lui avait-elle appris, d'ailleurs ? Que la magie se logeait parfois dans les choses les plus simples : l'allumette était un homme de bois, le murmure de la mer s'entendait dans la spirale d'un coquillage, les couloirs de la maison étaient visités par de la poussière d'age qui luisait dans les rayons de soleil.

 

{Le Silence des Bombes, Jason Hewitt, Préludes}

 

Merci à Babelio et aux Editions Préludes 

 

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