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A l'aube de la Seconde Guerre Mondiale, Liesel est recueillie par un couple Munichois. Grâce au soutien de son père adoptif, elle apprend à lire et découvre le pouvoir des livres, qui vont lui fournir une véritable échappatoire lorsque la guerre sera déclenchée et qu'il faudra choisir son camp...

"La Voleuse de Livres" est l'adaptation très sage et classique d'un livre qui l'est pourtant beaucoup moins (celui de l'Australien Markus Zusak, best seller de la littérature jeunesse), à commencer par son narrateur : la Mort elle-même - dommage que ce détail singulier ne soit presque pas exploité sur grand écran, en tout cas ici c'est à peine si on le comprend. L'histoire est en elle-même très belle, bouleversante même, véhiculant des messages forts sur l'importance des mots, la solidarité, la fraternité. Elle est hélas étouffée par une mise en scène poussive (le réalisateur est davantage habitué aux séries TV, "Downton Abbey" principalement) et une reconstitution lourde, très lourde. Surtout, j'ai trouvé l'interprétation en total déséquilibre : si celles de Geoffrey Rush et Emilie Watson (les parents adoptifs) sont brillantes, les jeunes interprètes (Liesel et Max) sont nettement moins convaincants : j'avoue que les grands yeux innocents de l'actrice principale m'ont un peu lassée - et ces boucles, si blondes et si parfaites que j'ai bien cru qu'elle allait ressortir des décombres d'un bombardement avec des anglaises intactes.

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Bref, je n'ai pas du tout retrouvé l'étrangeté du roman, et j'aurai aimé ressentir plus d'émotions et d'attachement aux personnages, insuffisamment creusés. Restent quelques scènes fortes, comme celle d'un autodafé où des milliers de livres sont jetés au bûcher, ou encore celle où les habitants du village, réfugiés dans une cave le temps d'une alerte, tâchent de se rassurer grâce à des notes de musique ou par des mots.

{La Voleuse de Livres, un film de Brian Percival avec Geoffrey Rush, Emily Watson, Sophie Nélisse... Sortie le 5 février}