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Le titre français fait bien sûr allusion à Hitchcock, et on peut se demander quelles intrigues aurait pu imaginer le maître du suspense à l'ère des technologies actuelles. Imaginez que vous vous baladiez à l'aide d'un système encore plus perfectionné et détaillé que, par exemple, Street View ou Google Earth, qui permette de se balader dans n'importe quelle rue de n'importe quelle ville de n'importe quel pays, en restant tranquillement assis devant votre ordinateur, et que tout à fait par hasard vous tombiez sur une scène que vous n'auriez pas dû voir ? Il y a déjà eu des anecdotes (du genre plutôt cocasses) à ce sujet, et quel beau moteur pour faire fonctionner l'imagination d'un romancier à plein régime.

Thomas a été diagnostiqué schizophrène dans sa jeunesse, et s'il n'est pas entièrement refermé dans sa bulle, il est quasiment impossible de le faire quitter son ordinateur et son programme de cartes interactives. Persuadé d'avoir assisté à une scène de crime par écran interposé, il cherche à persuader son frère Ray, avec qui il entretient des rapports complexes, de mener l'enquête à sa place.

"Efficacité", c'est le terme qui sied à ce type de polar dont on ne peut s'empêcher de tourner les pages très vite en attente du coup de théâtre suivant. Pour autant, il y a tant et tant de pistes (le trauma de jeunesse, le complot politique qui m'a donné l'impression d'être dans une série américaine à la "Scandal"), tellement de détails (la tueuse à gages était une ancienne gymnaste... ah ?) que le risque est grand de s'y perdre avant d'atteindre le dénouement et l'explication ultime... et la surprise de toute dernière page. Il est agréable de se laisser prendre au piège l'espace d'une lecture, mais je ne suis pas certaine d'en garder longtemps le souvenir.

 

{Fenêtre sur Crime, Linwood BARCLAY, Belfondlu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices Elle 2015}