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Mon petit gars fragile, mon petit gars sensible, mon petit mec têtu, mon petit garçon rebelle, mon petit homme qui a appris à courir avant de savoir marcher, qui m'a pendant des années donné l'impression qu'il me fuyait, me repoussait, tout trop vite, trop vite l'autonomie, trop vite le rejet de ma tendresse, trop tôt mon incompréhension et mes maladresses, incommensurables.
Chercher tous les moyens d'aider un petit qui n'entrait pas dans certains critères, rejeté même par des """professionnels""" de l'enfance ("les enfants comme ça, il faut les casser", "le jour où ça se passera bien avec lui, on vous préviendra", "j'ai jamais vu ça en X années de métier", imagines le fracas dans une tête de jeune maman), vite repéré et malmené dans les cours de récré, alors toi et moi et ton père on s'est accroché. Asthme, eczéma, crises de nerfs, tempêtes de colères, crises de pleurs, pleurs, pleurs. Ta souffrance, ma culpabilité. La mère toujours la mère bien sûr, ma faute ma très grande faute. Quoi, l'amour ne suffit donc pas pour que les enfants grandissent bien ?

Et puis les années passant, ton soulagement évident, ton aisance grandissante, et les miens en miroir. Quelques personnes un peu plus sensées que d'autres ont su te dire les mots qu'il fallait, ceux que tu attendais, de la façon qui te convenait. Mon hypersensible, mon artiste a trouvé sa façon de s'exprimer. On n'est pas sortis d'affaire (surtout avec l'adolescence qui arrive, mmmmmmh hâte...) mais on arrive mieux à gérer cette émotivité. On parle. Beaucoup. Enormément. Les câlins que tu me refusais dans la prime enfance tu me les offres maintenant à foison, les "je t'aime" ont fini par sortir d'un petit coeur trop gros.

J'ai bien fait d'attendre.

 

Happy Birthday mon Coeur.